Interview de Marc-Olivier Fogiel
Journaliste et Producteur d'émissions de télévision et de radio
Entretien : Sébastien Boussois
Paris, 24 septembre 2009
Nous avons pu retrouver dans les archives de Maurice Béjart un courrier que vous lui aviez fait parvenir et où vous lui montriez votre admiration, voire vous lui manifestiez votre amitié…
J’avais reçu Maurice dans l'émission On ne peut pas plaire à tout le monde que j’animais sur France 3 en 2005. J’étais très sensible à son art et particulièrement heureux de le recevoir. Je me souviens d’un moment fort mais je ne pensais pas qu’il l’avait vécu de la même façon. C’est ce qu’il m’a alors écrit dans une longue lettre. Il avait eu l’impression d’avoir exprimé des sujets qu’il n’avait pu évoquer ailleurs et cela, j’en ai été très heureux.
Détenez-vous cette lettre ?
Non malheureusement, elle est restée dans mon ancienne vie.
Maurice Béjart vous a-t-il fait découvrir la danse ?
Je suis très ami avec Claire Chazal qui connaît très bien le milieu de la danse. Elle m’y avait déjà sensibilisé et je suis allé voir les spectacles de Marie-Claude Piétragalla que j’aime beaucoup aussi. J’ai en réalité une approche assez basique de la danse et ce qui compte pour moi c’est qu’elle procure de l’émotion, comme la peinture, la musique ou le cinéma. Lorsque j’ai vu le spectacle 4x20 au Palais des sports par exemple, l’un de ses derniers spectacles, j’ai le souvenir d’une chanson de Barbara où j’ai énormément pleuré. Cet art parvient à me procurer des émotions uniques.
Dans cette fameuse lettre, vous écriviez « Je n’ai pas osé venir vous déranger à la fin du spectacle, je me suis dit que nous aurions une autre occasion de se le dire… ».
Et je ne l’ai malheureusement jamais eue. Cet échange fut bref et fort. Ce métier que j’exerce est un job comme un autre où l’on enchaîne des choses sans toutefois toujours les apprécier à leur juste valeur. Et puis des fois, des évènements surviennent et vous font apprécier encore plus cette profession. Cela a été le cas avec Maurice Béjart.
Avez-vous découvert par la suite d’autres de ses chorégraphies ?
Je suis ami avec Gérard Louvin et j’ai beaucoup discuté avec lui des ballets de Maurice Béjart. Mais je ne suis malheureusement pas retourné voir d’autres spectacles.
Des milliers de novices ou de fans découvrent encore ses créations. Quel avis portez-vous sur l’apport que Maurice Béjart a insufflé à la danse ?
Ce qui m’a plus chez lui, c’est justement de rendre accessible un art exigeant à tous et de ne pas la confisquer pour les élites. Je comprends que cela ne puisse pas plaire à tout le monde justement. Je pense qu’il était une bonne chose de démocratiser la danse et d’être anti-conventionnel.
Vous avez pris connaissance de l'existence de la MBH. Que pouvez-vous nous souhaiter ?
Un franc succès et c’est pour cela que j’ai accepté de faire partie du Comité d’honneur de la Maison Béjart Huis de Bruxelles.
Réponse de Marc-Olivier Fogiel à Maurice Béjart
Lundi 6 juin 2005
Cher Maurice BEJART,
Je regrette tellement d’avoir reçu votre lettre si tard… J’aurais été très heureux de partager un moment avec vous à Paris, mais vous étiez sur le départ… ce n’est que partie remise… Je suis évidemment sensible à la perception que vous avez de moi…derrière l’image médiatique, je crois, comme vous le décelez, être un autre…quelqu’un de plus sensible, plus humain !!! Quelqu’un qui a pleuré aussi l’autre soir au Palais des sports sur le tableau qui illustrait la chanson de Barbara… J’ai adoré votre spectacle… Je n’ai pas osé venir vous déranger après, je me disais que nous aurions une autre occasion de se le dire…certainement lors de votre prochain déplacement à Paris. Faites moi signe.
Bien à vous
A très vite donc
Respectueusement
Marc-Olivier.
Paris, 24 septembre 2009
Nous avons pu retrouver dans les archives de Maurice Béjart un courrier que vous lui aviez fait parvenir et où vous lui montriez votre admiration, voire vous lui manifestiez votre amitié…
J’avais reçu Maurice dans l'émission On ne peut pas plaire à tout le monde que j’animais sur France 3 en 2005. J’étais très sensible à son art et particulièrement heureux de le recevoir. Je me souviens d’un moment fort mais je ne pensais pas qu’il l’avait vécu de la même façon. C’est ce qu’il m’a alors écrit dans une longue lettre. Il avait eu l’impression d’avoir exprimé des sujets qu’il n’avait pu évoquer ailleurs et cela, j’en ai été très heureux.
Détenez-vous cette lettre ?
Non malheureusement, elle est restée dans mon ancienne vie.
Maurice Béjart vous a-t-il fait découvrir la danse ?
Je suis très ami avec Claire Chazal qui connaît très bien le milieu de la danse. Elle m’y avait déjà sensibilisé et je suis allé voir les spectacles de Marie-Claude Piétragalla que j’aime beaucoup aussi. J’ai en réalité une approche assez basique de la danse et ce qui compte pour moi c’est qu’elle procure de l’émotion, comme la peinture, la musique ou le cinéma. Lorsque j’ai vu le spectacle 4x20 au Palais des sports par exemple, l’un de ses derniers spectacles, j’ai le souvenir d’une chanson de Barbara où j’ai énormément pleuré. Cet art parvient à me procurer des émotions uniques.
Dans cette fameuse lettre, vous écriviez « Je n’ai pas osé venir vous déranger à la fin du spectacle, je me suis dit que nous aurions une autre occasion de se le dire… ».
Et je ne l’ai malheureusement jamais eue. Cet échange fut bref et fort. Ce métier que j’exerce est un job comme un autre où l’on enchaîne des choses sans toutefois toujours les apprécier à leur juste valeur. Et puis des fois, des évènements surviennent et vous font apprécier encore plus cette profession. Cela a été le cas avec Maurice Béjart.
Avez-vous découvert par la suite d’autres de ses chorégraphies ?
Je suis ami avec Gérard Louvin et j’ai beaucoup discuté avec lui des ballets de Maurice Béjart. Mais je ne suis malheureusement pas retourné voir d’autres spectacles.
Des milliers de novices ou de fans découvrent encore ses créations. Quel avis portez-vous sur l’apport que Maurice Béjart a insufflé à la danse ?
Ce qui m’a plus chez lui, c’est justement de rendre accessible un art exigeant à tous et de ne pas la confisquer pour les élites. Je comprends que cela ne puisse pas plaire à tout le monde justement. Je pense qu’il était une bonne chose de démocratiser la danse et d’être anti-conventionnel.
Vous avez pris connaissance de l'existence de la MBH. Que pouvez-vous nous souhaiter ?
Un franc succès et c’est pour cela que j’ai accepté de faire partie du Comité d’honneur de la Maison Béjart Huis de Bruxelles.
Réponse de Marc-Olivier Fogiel à Maurice Béjart
Lundi 6 juin 2005
Cher Maurice BEJART,
Je regrette tellement d’avoir reçu votre lettre si tard… J’aurais été très heureux de partager un moment avec vous à Paris, mais vous étiez sur le départ… ce n’est que partie remise… Je suis évidemment sensible à la perception que vous avez de moi…derrière l’image médiatique, je crois, comme vous le décelez, être un autre…quelqu’un de plus sensible, plus humain !!! Quelqu’un qui a pleuré aussi l’autre soir au Palais des sports sur le tableau qui illustrait la chanson de Barbara… J’ai adoré votre spectacle… Je n’ai pas osé venir vous déranger après, je me disais que nous aurions une autre occasion de se le dire…certainement lors de votre prochain déplacement à Paris. Faites moi signe.
Bien à vous
A très vite donc
Respectueusement
Marc-Olivier.